L’antiquaire de la rue « Louise Michel » était fatigué. Fatigué d’avoir bien travaillé toute sa vie. Fatigué d’avoir passionnément aimé. Fatigué d’être Heureux. Il se sentait proche de mourir.

 

Cependant, un lourd secret, toujours préservé, lui pesait sur tout son être. Ce secret, pour la première fois, il allait le révéler à son petit-fils.

 

Petit-fils invité… ambiance nostalgique installée. Et l’antiquaire ouvrit son cœur.

-          Mon p’tit Léo, je souhaite te transmettre un lourd et considérable secret aujourd’hui.

-          Pépé, qu’est-ce ? Qu’il y a-t-il de si important ?

-          Je garde depuis mes 20 ans, un coffret étrange, merveilleux et inquiétant.

 

-          Parle Pépé, parle !

-          Ha…mon brave, puisses-tu comprendre…

-          Alors ?

-          Tu seras sidéré. Mais bon. Allons. Il faut bien partager un jour cela.

 

-          Eh bien… Tu es étrange… Tu me fais peur…

-          Ce coffret… Te permet de doubler l’argent que tu y enfermes dedans.

Tu mets, tu fermes, tu ouvres…. Instantanément : doublé !

-          Mais, pépé… est-ce vrai ?

Tu perds la tête !

 

Le pépé ramène le coffret.argent Met de l’argent dedans. Et le prodige se fait devant le jeune.

 

-          Incroyable ! Et toute ta vie…

Tu as gardé ça pour toi…

Toute ta vie, tu as vécu comme un antiquaire tout à fait normal !

-          Justement, Léo… Justement…

Alors que la richesse facile s’offrait à moi, en découvrant ce prodige, je me suis senti vide.

Ou plus exactement, je me suis mis à réaliser à quel point l’argent ne rend pas heureux.

-          Quoi ? Mais…

 

-          Ecoute… Nous rêvons tous de richesse, de prospérité, d’abondance…Moyenne

Mais quand cette possibilité s’est offerte à moi…

J’ai réalisé que la Richesse est bien autre que billets et lingots.

-          Mais ? Tu n’as jamais utilisé le coffret magique ?

-          De rares fois seulement.

-          Mais ! Tu aurais pu…

 

-          J’aurai pu, j’aurai pu !

Nous pouvons tous tant !

Est-ce que cela rend le monde meilleur ?

Non !

Cette abondance facile m’a écœurée, instantanément.

-          Hein ?

-          Oui ! Et j’ai réalisé, que ce que je cherchais vraiment n’était point argent. Mais vivre Libre, Heureux, vivre mon authentique.

Nous courons toute notre vie après moult et moult objets, situations, places sociales… Si tu savais, si tu savais… Ces désirs sont un labyrinthe. Un labyrinthe qui, un peu plus à chaque pas, t’éloigne de ta vraie nature. Pourquoi vouloir robes de luxe, voitures exceptionnelles etc. ?

 

Quand tout ça fut à ma portée, j’ai réalisé. Réalisé que toute cette richesse désirée, était simplement à trouver et à cultiver en moi. Qu’est-ce que la richesse ? Des coffres plein d’argent ? Non ! La vraie richesse : celle du cœur, gamin.

-          Mais, pépé, tu es quand même passé à côté d’une occasion exceptionnelle d’améliorer ta vie ! Non ?

 signes coeur

 -          Ho, oui… Certainement…

Mais à quoi aurais-je ressemblé à me sentir privilégié ? Qui serais-je à me croire supérieur en utilisant ce sortilège ? Ho, oui ! J’ai fait de belles choses de mon vivant. Mais l’argent de mon travail me suffisait.

Et cet argent au coffret, surgit de je ne sais quel atelier, m’aurait-il rendu meilleur ?

-          Que vas-tu faire ?

-          Veux-tu le coffret Léo ?

-          Non pépé. Je veux gagner ma vie par mes compétences.

Je ne veux pas avoir l’impression de voler cet argent, et je ne veux pas avoir la prétention d’être mieux que les autres à recevoir ce flux d’argent.

-          Très bien. Que va-t-on en faire alors ?

 

-          La cheminée, c’est bien, non ?

-          Parfait. Brulons le coffret.

 

Et le coffret brûla dans la cheminée. De la fumée verte émeraude s’en dégagea, en faisant des étincelles. Une espèce de petite créature malsaine apparue dans la fumée, faite de fumée noire.

 

Il dit :

-          He bien ! Pas de chance cette fois ! C’est ma fin ! Moi qui croyais encore posséder quelques gogos. Vous êtes trop honnêtes et avisés pour que l’argent soit votre obsession.

Adieu ! Braves gogos sensés ! Mais je reviendrais, je reviendrais, et je vous tenterais encore et encore. Jusqu’à ce que je trouve vos démons et que je m’allie avec eux !

 

Et la créature s’évapora !

 

-          Pépé ! Qu’est-ce que c’était ?

-          Le cœur simple et Riche qui a triomphé.

-          Je t’aime pépé ! : )

-          Moi aussi je t’aime, fiston ! : )


Auteur Rose Bretellia

Quand tu mélanges les lettres de « Rose Bretellia », tu obtiens « oser la liberté » !

 

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